Brève histoire de la famille de
William Sawalha

 

 

La famille Sawalha représente une des nombreuses branches de la tribu Uzeizat.

 

Les Uzeizat sont originaires des régions d'Iraq, et de nombreuses branches se sont fixées dans beaucoup de villes de cette région - à Karak d'abord, puis à Madaba ensuite.

 

William peut remonter sa généalogie jusqu'à cinq générations.

La famille est chrétienne et l'a toujours été, bien qu'une branche des Sawalha se soit convertie à l'Islam, il y a pas mal de siècles.

 

William > Ibrahim > Yacob > Giries > Issa > Saleh

1936 1911 1880's 1850's 1820's 1790's

 

Ci-dessus - les dates approximatives de naissance de ses aïeux, à l'exception de la sienne et celle de son père.

 

La branche familiale Sawalha de William est originaire de Karak. Mais durant la période de Jacob (son grand-père), la famille dut " s'exiler par honte ", car l'une des filles de la famille fut kidnappée, puis violée.

Ils quittèrent tous les lieux pour rejoindre d'autres membres de leur famille à Madaba – qui devint ainsi la base principale de la famille Sawalha.

 

Durant les années 20, nombreux furent les membres mâles de la famille à émigrer vers l'Amérique du Sud, où on les surnomma les " Turku ".

Anecdote - pour échapper au banditisme la nuit, ils dormaient dans les cimetières, n'ayant pas peur des fantômes et des esprits, à l'inverse des locaux !

 

En Amérique du Sud, ils parvinrent à faire de l'argent, et la plupart s'en retournèrent afin de créer ici des affaires d'élevage et de commerce..

Néanmoins la tragédie frappa encore et tous les moutons qu'ils avaient achetés moururent.

Ainsi ne possédaient-ils plus rien, à l'exception de la " dishdash qu'ils portaient ! "

 

L'un des membres amorça une affaire hôtelière, en aidant ainsi ceux qui s'y intéressaient aussi. Depuis ils sont devenus hôteliers.

Garanti de payement de la chambre ? Il n'y avait pas de carte de crédit en ce temps-là…

La garantie de payement c'était les " claquettes ou les sandales " que l'on laissait en dépôt au propriétaire !

 

Au début de la seconde guerre mondiale, la " famille " possédait de nombreux hôtels à Haïfa (actuellement en Israël, sur la côte méditerranée) le St. George, le Pétra hôtel, le Park hôtel, pour en nommer quelques-uns… Sans nommer ceux possédés à Jérusalem, Bethlehem, Jéricho et Jaffa… et Mafraq (nord de la Jordanie)

 

 

Les hôtels en Palestine étaient utilisés par l'armée britannique, principalement par les régiments écossais. Beaucoup " d'animation nocturne ", durant laquelle ils se bagarraient avec leurs alliés, complètement fauchés, et donc obligés " d'emprunter " les tapis et autres agencements d'hôtel afin de pouvoir payer leurs fêtes !

 

À Haïfa, l'un des principaux lieu de vie nocturne était la " Maison de mauvaise réputation ", située juste en face de l'hôtel.

Durant les soirées chaudes, les garçons des environs venaient ainsi parfaire leur éducation, assis sur les toits pour mieux mater à l'intérieur des fenêtres ouvertes, juste en face ! !

La guerre apporta son lot de malheurs, mais aussi beaucoup d'histoires mémorables… !

 

Après la guerre, il y avait continuellement des conflits dans la région, du fait des immigrants juifs à la recherche de terre à s'approprier.

Pour éviter ces conflits et les tueries, de nombreux Arabes locaux abandonnèrent leurs maisons pour échapper aux troubles, pensant revenir quand les tensions auront disparu…

 

Jamais ils n'auraient pensé, qu'en fermant leur porte, ils ne les ouvriraient plus jamais.

Et de fait, nombreux sont ceux qui possèdent encore les clés de leur maison en Palestine.

 

La famille de William ferma aussi ses hôtels, et s'en retourna à Madaba.

 

Durant cette période, William était à l'école primaire de Jérusalem. À l'âge de 9 ans, il fit seul, à pied, tout le chemin entre Jérusalem et Madaba, avec seulement quelques pièces en poche, traversant tous ces coins où des combats avaient lieus.

Il arriva sain et sauf à Madaba.

 

En 1995, il retourna en visite à Haïfa.

Oui, il y avait eu des changements - mais dans la " Kingsway Street ", à présent nommée " Independence Street ", les immeubles étaient encore là.

 

L'hôtel de son père était à présent occupé par ZIM Shipping (une société de transport), de même que " la Maison de mauvaise réputation ".

L'hôtel de son oncle était, lui aussi, transformé en bureaux, mais le vieil ascenseur fonctionnait encore… Dans le marché aux légumes aussi, pas mal de choses avaient changé.

 

William est toujours dans le business hôtelier, comme la plupart des Sawalha contemporains.

 

La base familiale est toujours à Madaba.

Mariages et enterrements ont toujours lieu là-bas, et c'est certainement en ces seules occasions que la famille a des chances de se retrouver ensemble, conjointement avec les familles proches, issues d'autres branches de la tribu des Uzeizat.

 

Madaba est une des premières cités, mentionnées dans l'Ancien Testament, qui subsiste encore comme ville aujourd'hui.

 

Elle possède des mosaïques magnifiques. La plus fameuse étant certainement celle de l'église St. Georges, montrant une carte de la région de la Mer Morte, incluant Jérusalem, et figurant ce poisson qui remonte en nageant depuis la Mer Morte vers les eaux du Jourdain.